
Foz d'iguaçu a été notre porte d'entrée dans l'état du Paraná...Dimanche 09 Décembre 2007, nous laissons les ô combien magnifiques chutes d'Iguaçu pour découvrir les états du Sud : Paraná, Santa Catarina, Rio Grande do Sul (terre des gaúchos)... Mauvaise surprise! La route qui va à Curitiba est à péages, assez chers c'est un coup, ou un coût (comme on veut) pour notre budget quotidien.Autre mauvaise surprise, en arrivant à Irati, petite ville où nous comptons passer la nuit je remarque qu'un clou s'est fichu dans la roue arrière de ma moto; va falloir l'enlever et peut-être démonter pour réparer...Nous trouvons un hôtel à prix correct avec un parking , la nuit va tomber dans 2 heures il faut faire vite...A la réception de l'hôtel, une femme plutôt costaude ,je dirais de type germanique (ses origines probablement ), sans sourire, qui nous demande de remplir illico la fiche de l'hôtel.Je lui demande avec un large sourire si nous ne pouvons pas d'abord décharger nos motos et faire la paperasse ensuite.Stoique : elle marmonne quelque chose puis rien ne se passe...Olivier demande en souriant la clé de la chambre et elle répond impassible: "Quand la fiche sera remplie!".D'accord, on a compris,ici on ne plaisante pas avec l'ordre, nous posons nos sacs et remplissons les formulaires...Habitués á plus de gentillesse souriante nous sommes surpris, ça change du Brésil que nous connaissons et surtout du Nordeste... L'arrivée sur Curitiba est trés agréable; nous traversons des serras, sorte de petites montagnes, et parfois nous nous retrouvons à des altitudes qui avoisinnent les 1 000 m, l'air est frais , pour nous ça faisait si longtemps.Les paysages nous font penser aux Vosges ou au Massif Central.Je remarque des pins qui en vieillissant prennent la forme de chandelier ou de coupe, ce sont des araucarias, je les trouve magnifiques.La déforestation pour faire de la place aux cultures de soja , maïs et autres produits transgéniques ont décimé les forêts:dommage...Je les trouves encore plus beaux, plus majestueux quand ils sont en groupe, en effet ils dominent souvent en hauteur les autres arbres permettant de bien apprécier leur forme caractéristique.
Curitiba, capitale du Paraná, ville jeune, moderne, qui a sut conserver ses vieux édifices,son centre piétonnier, ses jolies places, ses magasins, ses shoppings, ses parcs...Hélas nous découvrirons tout ça , peut-être lors d'un prochain voyage...Grosse galère pour trouver les hôtels bon marché qui de surcroît se trouvent pour la plupart dans le centre piétonnier, pas de stationnement dans l'hôtel, chercher un stationnement privé et gardé mais ils ne fonctionnent pas 24h/24, seulement le jour...Trop trop compliqué pour des voyageurs á moto, un choix s'impose ; nous continuons notre route direction Antonina, petite ville au bord du lac Paranaguá.Sur la route nous traversons la Serra do Mar, profitant au passage de superbes point de vues sur le lac, les vallées encaissées...Antonina, ville paisible très fréquentée á certaines périodes par tous ceux qui cherchent un peu de tranquillité.Un jour de pluie, la flegme nous gagne, pas envie de prendre la route sous la pluie,nous décidons de nous reposer.Ah! Et puis ça sera l'occasion d'aller savourer un délicieux barreado (cl la rubrique culinaire) dans la ville voisinne de Morretes dont c'est la spécialité, et qui peut s'ennorgueillir de cet apport à la cuisine brésilienne!Le jour suivant, il pleut toujours, les nuages sont bas, tant pis il faut partir, direction Joinville dans l'état de Santa Catarina...En partant nous prenons la Via Graçiosa, petite route en pavés qui traversent la Serra do Mar.Le peu que nous réussissons à voir dans la brume et sous la pluie nous ravit et nous donne des regrets de prendre cette route par un temps pareil.Des vallées, de jolies maisons, des arbres fleuries, je remarque des bananiers à la fleur rose pâle, la route bordée d'hortensias bleus, sous le soleil ce doit être superbe. Nous quittons la BR 101 pour entrer dans Joinville, un moulin, un portique et surtout un panneau " Bemvindo, Wilkommen"...Nous allons rentrer dans une ville dont les origines des habitants sont allemandes...Comme d'hab, recherche d'un hôtel...Comme d'hab, j'essaie de négocier les tarifs, la grande dame au teint pâle me rappelle les tarifs sur un ton ferme et définitif : "C'est 30 réais/personne ou 35 réais/personne !!!Ok , ok, ça le fait pas , alors merci , et aurevoir...Finalement nous trouvons notre bonheur , en plein centre ville, tout près du Shopping............."Mueller"(forcément), lequel est superbe la nuit avec ses illuminations de Noël...Un petit tour dans le centre ville, que des boutiques, des gens affairés, nous pourrions être en France, en Allemagne ou ailleurs en europe, en tous cas nous ne nous sentons plus au Brésil.Les rues sont propres, la circulation calme et respectueuse des signalisations, la musique dans les bars est discrète, timide voire un peu coincé( du cul, on ne voit personne danser...).Rien à voir avec l'exubérance bruyante des autres états que nous avons traversé.Oú sont passés les tables sur les trottoirs, la musique à donf, les concerts improvisés de samba-pagode,les gens qui se lèvent pour danser ou chanter, les camelots qui passent pour vendre cacahuètes, noix de cajou,brochettes de fromage, DVD pirates...Bref, la ville est belle, la ville est propre, la ville est calme, mais j'aime pô, mais pô du tout....
Continuant notre voyage, nous partons pour Blumenau, célèbre pour son Oktobertfest, sa fête de la bière en Octobre.Nous sommes en décembre, dommage...Blumenau: "Wilkommen", pas de doute c'est bien une ville fondée par des allemands!Ecritures sur les panneaux et sur les principaux édifices de la ville en lettres gothiques.Immeubles à colombages, pas un papier par terre, panneaux du centre ville avec le nouveau nom (brésilien) et l'ancien en allemand( pour ne pas oublier sans doute).Un petit tour au Musée de la bière, un peu de culture ne nuit pas...Le tout est plutôt joli á regarder, on dirait l'Alsace...Exception faite de la Vila Germanica, village germanique reconstitué á la sortie de la ville dont la finalité m'échappe!De petites maisons à colombages et des restos de luxe, sorte de parc Disney à thème germanique, ça frise le ridicule, et tout ça pour quoi?Pour que les allemands qui viennent en vol direct Frankfurt-Blumenau ( si, si , y en a ) ne soient pas trop dépaysés???Ceci dit , j'ai lu que l'Oktobertfest, défilés en carrioles avec habits traditionnels (culottes de cuir à bretelles et chapeaux tyroliens), chants folkloriques,ENORME consommation de bière,etc...se termine en fête de rues avec Frevo (musique de carnaval de Récife), Axé (Bahia) et samba-pagode, alors je retournerai à Blumenau....mais ça sera en Oktober!!!
De Blumenau nous filons á Florianopólis, capitale de l'état de Santa Catarina, à cheval sur le continent et sur l'île de Santa Catarina...Là même problème qu'à Curitiba, pas d'hôtels bon marché avec parking, circulation compliquée à cause des zones piétonnes ( tant mieux pour les habitants de Flora...), alors nous passons notre chemin pour chercher notre bonheur sur l'île...Ile très fréquentée, très touristique et on comprend pourquoi lorsque nous en faisons le tour à moto:superbes plages de sables blancs, spots pour les surfeurs, dunes de sables, petites montagnes, une très jolie Lagoa da Conceiçao aux eaux calmes et claires au beau milieu de l'île.C'est un très beau lieu de villégiature ou personnellement je n'aimerai pas passer mes vacances...
De l'île nous continuons notre route vers ce sud du Brésil.Nous reprenons la BR 101, surnommée la Estrada da Morte (inutile de traduire...).le gouvernement fédéral veut transformer cette route, qui descend vers Porto-Alegre, en 2X2 voies...Résultat :des travaux partout soulevant des nuages de poussière, des déviations, des ralentissements de circulation, un traffic intense mais ralenti mêlant poids lourds et engins de chantiers, des conducteurs prenant des risques insensés pour doubler...Des voitures n'hésitent pas à nous frôler pour doubler, pour passer au milieu de la route même quand quelqu'un vient en face...J'allais oublier les importantes déformations de l'asfalte, parfois des ornières, faites sans doute par l'important traffic de poids lourds et probablement aggravés par le passage des engins de travaux publics.Autant dire qu'il faut rester vigilant... Nous quittons cette route avec bonheur pour une route plus petite qui nous donne accés à la Serra Gaúcha.Après Praia Grande l'asfalte fait la place à une route pierreuse , il fait beau, nous roulons tranquillement, c'est du bonheur...Nous franchissons un col, 1 000m d'altitude et nous voici dans le Parc de Aparados da Serra, dans l'état du Rio Grande do Sul.Les paysages sont superbes;des rivières, des forêts d'araucarias, des pâturages, le pays des gaúchos... A Cambará do Sul un petit tour à l'office du tourisme pour glaner quelques infos et profiter au mieux des parcs, puis une adresse de pousada-camping à la ferme á la sortie de la ville qui nous attire immédiatement.Il fait beau , les paysages sont superbes, c'est l'occasion idéale pour étrenner notre toile de tente ...La zone de camping est superbe, sous des araucarias,vue sur les collines et sur un lac.Des paysans-cavaliers, les fameux gaúchos, manoeuvrent des vaches et pour couronner le tout : canards curieux et intrigués par notre présence ainsi que chevaux comme visiteurs...Le patron nous donne l'autorisation de faire du feu á condition d'être prudents.Quelques courses au supermarché du village: une bouteille de whisky,des pâtes,sauce tomate,des fruits,du pain et surtout deux énormes tranches de rumsteack...Finalement, á la toile de tente je préfère mon hamac que j'installe entre deux araucarias, j'ai trop envie de m'endormir sous les étoiles...Nous préparons le feu, apéro-whisky,on remet du bois,apéro-whisky, la viande est tendre et délicieuse, on discute devant le feu, on parle du voyage, de la patagonie qui nous attend...Il est déjà tard lorsque je rejoins mon hamac,la nuit est étoilée,une petite brise fraîche sur le visage, les chevaux qui broutent autour de moi et passent tout près de mon hamac; le bonheur....Lorsque l'air fraichi vraiment, je me décide à sortir le duvet de mon sac à dos, la nuit devient douce, je tombe dans un sommeil profond.
Le jour suivant est passé à visiter le canyon du Parc Aparados de Serra avec un petit contre temps peu aprés la sortie du village.En effet pour rejoindre le Parc nous devons reprendre la route caillouteuse.Que c'est bon de conduire la moto sans tous les bagages; sauf qu'on a oublié de modifier la tension de la chaîne sur les motos.Résultat:après environ 3 kms de piste ,la chaîne déraille...Olivier repart au camping pour chercher quelques outils et pendant ce temps je pars á la recherche d'un morceau de bois pour lever ma roue arrière( on a pas emmener de cric:trop lourd).Je cherche, ne trouve rien, puis remarque un panneau publicitaire pour indiquer un resto dans le village:j'ai trouvé!!!Quelques coups de pieds pour arracher le panneau, quelques autres pour tailler le piquet á la bonne longueur et c'est bon.De toutes façons je trouve ça laid les panneaux publicitaires en pleine nature...On répare et on repart...Pas pour trés longtemps,ironie du sort: à peine 2 kms plus loin c'est la moto d'Olivier qui déraille en dépassant un camion...Il n'avait pas retendu sa chaîne...Tout ça nous fait rire un bon coup et nous arrivons en fin de matinée au parc.Visite agréable, les décors sont superbes, picnic au bord du canyon puis le temps qui s'obscurcit nous rentrons.En soirée la région est prise dans les nuages bas, le vent et une petite bruine commence á tout mouiller.Le camping est vide, nous sommes seuls alors j'installe mon hamac dans les douches, c'est là également que nous dinerons... Le lendemain le temps est toujours bouché par les nuages, nous reprenons la route espérant qu'il fera un peu meilleur plus loin...En passant dans Cambará je remarque quelques vieux gaúchos;pantalon bouffant resserré aux mollets et bottes de cuir.C'est pas du folklore , c'est la culture d'ici...Sur la route prise dans les nuages nous distinguons les grandes zones de pâturages, sorte d'alpages .J'imagine les gaúchos sur leur chevaux emmenant les troupeaux, se réchauffant d'un chimarrão (nom gaúcho du maté) dont la première gorgée est aussi amère et âpre que ce temps frais et humide. L'idée de prendre la route est bonne ; un léger rayon de soleil nous accueille en arrivant à Canela, petite ville de la Serra Gaúcha près de parcs que nous voulons découvrir...Canela ressemble á s'y méprendre á n'importe quel petit village montagnard des alpes ou des pyrénnées...Maison de briques et de bois ressemblant à des chalets, des sapins et l'air frais.Les décorations de Noël sont tout de même un peu kitch, reconstitutions de crèches à tous les rond points de plus ou moins bon goût (ânes et boeufs en peluches aux yeux qui louchent...), des "anges" tout le long de la rue qui méne à la cathédrale...Nous profitons du soleil pour sécher nos affaires , notamment la tente que nous avons dû plier sous la pluie.La visite des parcs de la région est superbe; Parc du Caracol et Parc de la Ferradura.Il fait un temps superbe, la seule ombre au tableau est le droit d'entrée dans les parcs dont nous devons nous acquitter.C'est assez cher, pour le Brésil, pour des installations assez sommaires qui n'ont pas dû coûter trés chères.L'essentiel des installations étant des boutiques de souvenirs ou de produits régionaux... Nous partons de Canela pour rejoindre Porto Alegre en passant par Gramado.Cette ville à des allures de village Suisse avec des boutiques de luxe, des restaurants où on sert de la fondue, eh oui!Des chalets luxueux, des hôtels de luxe, un marché de Noël et des décorations dépassant de loin ce que nous avions vu à Canela.A noter que Gramado accueille un festival de cinéma d'envergure internationale. Porto Alegre, capitale de l'état du Rio Grande do Sul, rendue célèbre par sa politique de lutte contre la pauvreté et de développement des quartiers défavorisés par les citoyens eux-mêmes, politique ayant fait des adeptes dans plusieurs grandes villes d'Amérique du Sud.Egalement rendue célèbre depuis quelques années par son Forum Social, lieu de rendez-vous des altermondialistes de toute la planète...J'aime cette ville dynamique, son centre ville bruyant certes, mais bruyant de Vie, ses commerces, ses restos pas chers du tout (on peut déjeuner pour 4 réais soit à peine 2 euros boisson comprise!), ses camelots sur le trottoir où on peut tout acheter, ses vendeurs ambulants de popcorns, de brochettes,de maïs, ses petits bars avec les tables sur la rue où on écoute du funk en regardant les serveuses danser sur la musique.Bref,bref, je me retrouve dans ce Brésil que j'aime...Un tour à la poste pour envoyer des colis de choses qui nous embarrassent, promenade dans le centre ville, déjeuner dans une churrascaria (buffet à volonté,viandes grillées tendres et savoureuses à volonté,desserts à volonté; le tout pour 5 euros), puis nous nous préparons à quitter le Brésil... Demain 21 Décembre, nous descendons au plus au Sud, nous voulons passer Noël en Uruguay, à Montévidéo...Noël au balcon... |